Les autres professionnels de l’éducation précoce

Parallèlement au travail de la sphère langagière et cognitive réalisé par l’orthophoniste, la sphère motrice et psychomotrice devra également être stimulée dès le plus jeune âge de l’enfant par un kinésithérapeute et/ou un psychomotricien. Tout comme l’orthophoniste, ils ne pourront intervenir que sous prescription médicale.

Certains professionnels sont d’avis qu’un seul de ces deux intervenants suffit chez le très jeune enfant. D’autres pensent qu’il s’agit de deux pratiques tout à fait différentes et complémentaires. Dans tous les cas, cela devra dépendre des bilans moteur et psychomoteur réalisés auprès de l’enfant, de ses difficultés, de sa disponibilité, de sa fatigabilité et des priorités thérapeutiques que l’ont fixera pour lui.
La prise en charge pluridisciplinaire nécessite que tous les professionnels qui gravitent autour de l’enfant travaillent en collaboration. Il sera également très intéressant de mettre en place des projets transdisciplinaires : plusieurs professionnels travaillant parallèlement à l’émergence d’une même fonction (par exemple la fermeture buccale), chacun utilisant ses compétences spécifiques. Pour cela, les différents professionnels doivent être en contact régulier et réaliser des synthèses afin d’avoir une vision globale de l’enfant et éviter un « morcellement » dû aux nombreuses prises en charge. Cela se fera plus naturellement si tous exercent dans une même structure, mais en libéral également, ils devront, dans la mesure du possible, rester en contact.

 

Le masseur-kinésithérapeute

Il travaille sur l’hypotonie musculaire et l’hyperlaxité ligamentaire afin de prévenir les troubles moteurs, vertébraux et articulatoires, ainsi que les infections respiratoires et les troubles digestifs. Il aide l’enfant à acquérir les bases de la motricité en respectant les étapes du développement neuro-moteur. Il travaille le tonus, la statique, la proprioception, l’équilibre, la coordination, et, en collaboration avec l’orthophoniste, la tonification de la sphère bucco-faciale.

Ci-dessous, la vidéo d’un entretien avec M. Patrice KURZEPA, masseur-kinésithérapeute. Exerçant aujourd’hui en libéral essentiellement auprès d’enfants atteints de déficience motrice, il a une longue expérience de l’éducation précoce et du handicap. Il a en effet exercé au sein d’un I.EM. (Institut d’Education Motrice) auprès d’enfants polyhandicapés, puis dans un S.E.S.S.D. (Service d’Education et de Soins Spécialisés à Domicile) pour enfants déficients moteurs (I.M.C., myopathes,…). Il a par la suite exercé au sein d’un C.A.M.S.P. polyvalent (Centre d’Action Médico-Sociale Précoce) dans le cadre duquel il est intervenu à l’hôpital dans un service de néonatalogie avec trois objectifs : l’installation des nouveaux-nés et la prévention des troubles orthopédiques, le bilan neuro-moteur et l’accompagnement des parents.
Dans cette vidéo nous abordons les objectifs généraux de la kinésithérapie auprès des personnes porteuses de trisomie 21, le rôle du kinésithérapeute dans l’éducation précoce de ces enfants, l’âge auquel doit débuter cette prise en charge, l’accompagnement parental et enfin la complémentarité entre kinésithérapie et psychomotricité.

 

 

 

Afin d’illustrer les propos de M. Kurzepa, voici à présent quelques extraits d’une séance de kinésithérapie auprès d’un tout-petit.
L’enfant que l’on y voit a 10 mois d’âge chronologique et 7 mois d’âge corrigé (naissance prématurée). Il n’est pas porteur de trisomie 21.
Ces quelques séquences ne peuvent à elles seules être représentatives de l’ensemble de la pratique du kinésithérapeute auprès des enfants trisomiques de 0 à 3 ans en raison de leur courte durée et du fait qu’un seul âge y est montré. Elles permettent néanmoins une première approche de la profession.

 

 

Le psychomotricien

Le psychomotricien cherche, avec le tout-petit trisomique, à optimiser ses potentialités instrumentales (contrôle moteur, équilibre, rapports spatio-temporels) et à améliorer ses relations à l’autre par le langage corporel. Il aide l’enfant à se construire une perception cohérente et différenciée de son corps et de l’environnement par l’intermédiaire d’expériences sensori-motrices.