Le syndrome oro-facial

NB : l’un des objectifs de l’éducation précoce en orthophonie est justement de diminuer au maximum ce syndrome.

 

Des troubles anatomiques pour origine

Le syndrome oro-facial, spécifique et inhérent à la trisomie 21, a pour origine les particularités anatomiques liées au chromosome surnuméraire. Les personnes porteuses de trisomie 21 ont en effet un maxillaire supérieur plus petit et plus étroit (palais ogival), laissant peu de place pour la langue. A cela s’ajoutent l’hypotonie bucco-linguo-faciale et l’hyperlaxité (souplesse excessive) des ligaments maxillaires, celle-ci entraînant un mauvais contrôle de la mandibule. Enfin, les fosses nasales sont petites et souvent obstruées en raison de la fréquence des infections O.R.L. et de l’important volume des amygdales et des végétations. Tout ceci converge vers une ouverture buccale et une protrusion linguale. L’hyposensibilité orale altère la prise de conscience de cette protrusion et du bavage.

 

Des conséquences fonctionnelles

Le mauvais positionnement des dents et de la langue va entraîner des troubles d’articulation qui peuvent être importants et venir altérer l’intelligibilité et donc la communication. Le déficit de la motricité faciale, l’ouverture buccale et la protrusion linguale engendrent un trouble de la mimique. L’occlusion nasale ajoutée à cela entraîne une respiration purement buccale.
Au niveau de l’alimentation, chez le tout-petit la succion-déglutition sera peu tonique et la tétée moins efficace ; la langue va alors sortir pour maîtriser le flux du liquide. Plus tard, des difficultés de mastication vont apparaître. Plusieurs études auprès des parents ont mis en évidence les difficultés d’alimentation rencontrées, parmi lesquelles :
Des difficultés de succion au sein et au biberon ;
Un refus de certains aliments ;
Des comportements particuliers comme la conservation du bol alimentaire en bouche ou le rejet de nourriture ;
Des micro fausses-routes aux liquides et semi-liquides ;
L’ingestion d’aliments non mastiqués.

 

Des conséquences médicales

La respiration purement buccale ne permet pas le filtrage de l’air inspiré ce qui vient augmenter la fréquence d’infections respiratoires et O.R.L. (et par conséquent des troubles auditifs), déjà importante pour les raisons précédemment citées.

 

Des conséquences psychologiques et sociales

Les conséquences que peuvent avoir le déficit de la mimique, le défaut esthétique et les troubles d’articulation sur l’insertion sociale ne sont pas à négliger. Ils entravent les échanges communicationnels et affectifs entre la personne et son entourage.