La parole, la voix et l’articulation

Le développement phonologique

Le babillage
Alors que pour certains auteurs le développement phonologique du babillage de l’enfant trisomique est identique à celui de l’enfant tout-venant, pour d’autres les sons produits lors du babil ont tendance à s’appauvrir en l’absence de prise en charge orthophonique précoce. L’on peut supposer que ce désaccord soit imputé à la grande variabilité inter-individuelle.

 

La parole
Chez l’enfant porteur de la trisomie 21, les troubles de la parole sont quasi-constants. Ils s’apparentent auretard de parole classique mais perdurent jusqu’à l’adolescence. Les groupes consonantiques sont déformés, les finales sont supprimées et l’organisation ainsi que le nombre de syllabes du mot ne sont pas respectés. Ces difficultés sont dues au trouble des rythmes, au trouble des écoutes, et aux difficultés d’encodage phonologique et sensori-moteur. Leur importance est telle que bien souvent l’intelligibilité s’en voit très réduite.

 

La voix

L’hypotonie des muscles respiratoires réduit la puissance et la durée de l’expiration et une incoordination pneumo-phonique est très souvent observable. La puissance vocale est alors altérée, la voix rendue rauque, parfois gutturale, avec un timbre monotone et une prosodie pauvre. Par ailleurs, l’hypotonie des cordes vocales rend la voix plus grave et le manque de tonus du voile associé aux dérèglements hormonaux entraînent un nasonnement. Enfin, la morphologie des cavités orales et nasales étant particulière, les résonateurs sont différents et, de ce fait, la qualité acoustique également.

 

L’articulation

Les troubles d’articulation sont constants chez l’enfant porteur de trisomie 21 et très souvent associés à une sialorrhée. Ils sont dus à la morphologie buccale, c’est-à-dire au mauvais positionnement des dents et au palais ogival, ainsi qu’à l’hypotonie des muscles bucco-faciaux (de la langue, des lèvres, des joues et du voile du palais). Par ailleurs, le trouble des écoutes (trouble auditif central) rend difficile la perception et l’interprétation des sons aigus et donc des phonèmes constrictifs (f, s, ch, v, z, j). Or ce qui n’est pas bien perçu ne peut être bien prononcé. Le trouble d’articulation sera donc plus important sur ces phonèmes, qui pourront même ne pas apparaître avant l’âge de six ans.
Plus que par de réels troubles d’articulation isolés, les difficultés se traduiront par une imprécision motrice, c’est-à-dire une articulation floue et imprécise, ainsi qu’un trouble s’apparentant au sigmatisme bilatéral et/ou interdental.

 

Le bégaiement

On observe une prévalence de bégaiement plus importante chez les individus porteurs de trisomie 21 que dans le reste de la population. Selon les études, 30 à 45 % des personnes porteuses souffriraient d’un trouble pouvant aller du bredouillement au bégaiement sévère